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Je suis assuré pour 35000 € et je possède moins que cela

Crédit photo : Pixabay

Encore une fois, la méconnaissance du sujet est flagrante. Elle est compréhensible, dans une certaine mesure, car tout est fait pour minimiser la situation catastrophique des cambriolages en France.

Partant de là, il est vrai que les assurances sont peu, voire pas du tout, étudiées au moment des souscriptions. Comme l’immense majorité de la population pense qu’il n’y a pas de problème grave concernant les cambriolages, alors, les contrats d’assurance sont signés rapidement sur un coin de table.

Toutefois, cette ignorance, (ce déni ?) ne permet pas de tout expliquer. L’information est un droit, mais surtout un devoir. C’est à chacun de se prendre en main pour s’informer.

Vous avez de la valeur

Dans ce cas, vous découvririez que l’enveloppe pour laquelle vous pensez être assuré, ces 35.000 €, est un plafond d’indemnisation. Et surtout que l’assurance vous demandera de respecter une procédure de déclaration pour prétendre à ladite indemnisation. A commencer par fournir un état précis de vos pertes. Il faudra distinguer quatre types de préjudices. Le vol d’objets, la détérioration d’objets, les dégradations concernant les effractions et le vandalisme sur le bâti.

A chaque type de préjudice sa règle d’indemnisation. Etes-vous familier de ces règles d’indemnisation ? Savez-vous exactement ce que couvrent les 35.000 euros ? Malheureusement, sans doute comme la majorité des gens, vous découvrirez tout cela en lisant votre contrat… après avoir été cambriolé.

Se pose aussi la question de l’inventaire des biens à assurer. Cela nécessite une méthode pour évaluer chaque bien à sa juste valeur et arriver, finalement, à la valeur globale de vos biens. Appliquez-vous une méthode fiable pour procéder à votre inventaire ?

Sans doute comme la majorité des gens, vous ne « poussez » pas aussi loin les choses. C’est dommage car cela peut vous faire perdre beaucoup d’argent en cas de cambriolage.

Un exemple très concret où vous perdrez gros

 Prenons l’hypothèse que vous êtes amateur de cyclisme. Vous aimez rouler et vous vous êtes offert un beau vélo de route, du matériel ainsi que des vêtements dédiés. Votre passion à un coût, mais vous consentez à des sacrifices sur d’autres postes budgétaires pour l’assouvir.

Entre le vélo et tout le reste, on atteint une valeur globale de 5.000 €. Cela pourrait bientôt doubler car vous avez décidé d’acquérir un deuxième vélo, spécialement adapté aux routes de montagne.

Vous êtes heureux de profiter de cette passion qui vous prend beaucoup de place dans le garage de votre maison ou la cave de votre appartement. Si vous êtes cambriolé, votre vélo sera volé, c’est une certitude. Un vélo d’une telle valeur, n’importe quel cambrioleur saura qu’il peut en tirer beaucoup en le revendant via des petites annonces.

De longues démarches en perspective

Passé le court moment de stupéfaction et ce sentiment d’injustice, vous devrez entamer les démarches administratives. Auprès de la police ou de la gendarmerie, déposer la plainte, même si les chances de récupérer votre vélo sont infimes. Le taux d’élucidation des cambriolages ne dépasse pas les 15 %. Et même si élucidation il y a, ce n’est pas la garantie de récupérer vos objets volés. Vous saurez peut-être que l’auteur est un multirécidiviste qui a déjà un joli palmarès de criminel. Ou alors qu’il s’agit d’un mineur, qu’il a été arrêté et relâché aussitôt.

Un parcours du combattant

Vous devrez également contacter des artisans pour sécuriser le ou les points d’entrée des voleurs. A la hâte, sans rien y connaître, et en prenant le risque de tomber sur un margoulin qui vous fera les poches une deuxième fois tout en livrant un travail de sagouin.

Bref, vous arrivez, tant bien que mal, à la partie assurance pour déclarer le cambriolage et prétendre à une indemnisation. Vous allez découvrir que le chemin sera long et sinueux.

Dans un premier temps, vous devrez justifier de la possession du vélo et de tout l’équipement. Au minimum, les factures d’achat. S’il y a des factures d’entretien, des photos, ce sera un plus. Il faudra peut-être aussi prouver à l’assurance qu’au moment du cambriolage vous déteniez bien encore ce vélo. En effet, qu’est ce qui lui indique que vous ne l’avez pas revendu depuis son achat ? Rien, à part votre parole. Il y a fort à parier que cela ne suffira pas.

Admettons que vous soyez plus méticuleux et investi que la moyenne et que vous possédez tous les documents exigés par l’assurance. La prochaine bataille sera d’obtenir un remboursement à sa juste valeur. Le but n’est pas de gagner de l’argent sur le dos de l’assurance. Le but est de minimiser vos pertes car vous en aurez, c’est certain.

Par le jeu des coefficients de vétusté, vous serez surpris par la proposition de l’assurance. Le montant sera ridicule par rapport à la valeur réelle de votre vélo. Vous découvrirez qu’il existe des méthodes de calcul plus avantageuses pour la vétusté et que vous auriez pu les choisir lors de la souscription. Maintenant, c’est trop tard, vous devrez limiter la casse…

Des conditions en cascades

Le moment où vous serez achevé par votre assurance sera quand elle vous informera que, conformément au contrat que vous avez signé, la partie garage possède un plafond de remboursement. Pour le vôtre, il est de 1.500 € ! Ce montant change selon les assureurs.

Comme les voleurs ont eu la bonne idée de ne pas repartir les mains trop vides, en plus du vélo, ils ont emporté des outils de jardin.

Le plafond de 1.500 € sera vite atteint et, surtout, largement dépassé. D’autant plus que vous apprendrez à vos dépens que la tablette d’une valeur de 500 €, qui traînait dans le garage parce que vous vous en serviez pour voir des tutoriels sur Internet et faire les réglages de votre vélo, ne sera pas remboursée, pas un centime.

Eh oui, le contrat prévoit que les objets électroniques, comme votre tablette, ne sont pas pris en charge s’ils sont dérobés dans le garage. Histoire d’en finir avec les mauvaises nouvelles, parlons des franchises. Encore 300 euros de perdus.

Vous ne ferez plus de vélo pendant un bon moment, il va falloir gagner des sous pour en racheter un à l’identique. Et peut-être vous le faire voler à nouveau. Car dès que vous êtes cambriolé une fois, la probabilité de l’être à nouveau augmente. Normal, le cambrioleur sait qu’il y a déjà eu un beau vélo, il connaît les lieux, il sait que c’est peu sécurisé. Tout est là pour le rassurer et l’assurer d’une belle prise à chaque nouvelle visite.

Peut-être changerez-vous de passion ? Le yoga ? C’est bien le yoga. Pas grand-chose à voler.

Le pretium doloris, le plus gros risque d’un cambriolage

Quant au pretium doloris… J’expliquais de quoi il s’agit dans cet article. Dans l’exemple ci-dessus, ce sera le prix de votre passion. A combien évaluez-vous le préjudice et le traumatisme de ne plus pouvoir assouvir votre passion car vous n’avez plus de vélo ? Les belles balades avec les copains, les beaux paysages, c’est terminé. Quelle valeur accordez-vous à ces moments de bonheur perdus ?

Dans cet exemple, vous êtes passionné de vélo, mais vous pouvez être passionné d’œnologie, de musique, de bricolage, de vidéos, etc., les exemples ne manquent pas. L’histoire sera la même : au final, vous perdrez gros.

Lisez cet article et dites-moi si on peut quantifier l’impact d’un cambriolage au seul préjudice financier.

Il n’est jamais trop tôt pour agir

Toujours aussi rassuré par votre couverture de 35.000 € ? Jetez un coup d’œil à votre contrat pour vérifier. Vous verrez que compter sur votre assurance en cas de cambriolage n’a rien d’évident.

La solution à ce genre de mésaventure est d’anticiper. Etablir un inventaire précis de ses biens, savoir quoi regarder et comment négocier un contrat d’assurance. Adapter le stockage et la détention de ses biens en fonction des contraintes du contrat d’assurance. C’est exactement ce que je vous apprends à faire, aux chapitres 26 et 27 de mon guide anti-cambriolage.

Une dernière chose, vous pensez que cela ne vous concerne pas. Vous n’avez pas de passion et votre garage est transformé en chambre car vous manquiez de place. Bien évidemment, vous avez fait ça dans les règles de l’art, sauf auprès du fisc puisque le changement de destination et la surface ne sont pas déclarés. Par conséquent, vous avez également omis de déclarer ce « léger » détail à votre assureur. Le passage de l’expert chez vous et la découverte de votre chambre-garage risque de signer le début de gros ennuis.

Votre assurance ne sera pas tenue de vous rembourser quoi que ce soit d’autre que ce qui est prévu concernant un garage, c’est-à-dire pas grand-chose. Le fisc, qui aura peut-être vent de l’histoire, procédera à un contrôle donnant lieu à un probable redressement. Comme vous êtes un « tricheur » identifié, vous aurez droit à la totale et ils trouveront certainement d’autres fraudes pour vous faire les poches.

Volé, pas remboursé et redressé par le fisc : ouille…

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Article présenté par

Entrepreneur et artisan depuis 15 ans, Laurent Criado est également fondateur du magazine leguideimmobilier.com et auteur du Guide pratique de l’achat immobilier et du Guide pratique anti-cambriolage.

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